J’ai peur d’accoucher : que faire ?

peur d'accoucher

Aucun tabou dans cet article : avoir peur d’accoucher est NOR-MAL ! Et si c’est votre cas, rassurez-vous, car vous êtes très loin d’être la seule. – Je dirais même les seuls car cet article s’adresse également aux co-parents qui eux aussi peuvent ressentir quelques angoisses – D’ailleurs, personne ne dit que donner la vie est facile !
Heureusement, il existe des solutions pour vous aider à mieux appréhender le jour J.

Alors, comment vaincre sa peur de l’accouchement ?

L’origine de cette peur

Distinction entre appréhension et tokophobie

 Il faut d’abord faire la distinction entre la « simple » angoisse et la véritable phobie appelée « tokophobie » (du grec « tokos », accouchement et « -phobie », peur) ou tocophobie. La tokophobie est relativement rare. Elle se caractérise par une peur panique, extrême, persistante et irrationnelle avec des comportements d’évitement de la grossesse et de l’accouchement.

Cette phobie nécessite évidemment une prise en charge et un suivi adapté. Mais ce n’est pas parce que vous ne souffrez pas à proprement de tokophobie que vous ne méritez pas d’être aidé.e ! C’est d’ailleurs le but de cet article.

Les « mythes et réalités » liés à l’accouchement

La perception douloureuse de l’accouchement

Je pense qu’on nous met souvent dans la tête tout un tas d’idées reçues qui peuvent contribuer à notre angoisse. Nous avons tous et toutes vu des films ou séries présentant des accouchements où la femme perd les eaux, hurle à la mort, pleure à flot et transpire énormément. Sans parler de ces mêmes films ou séries avec des femmes qui décèdent en donnant la vie. Et que dire des récits horribles d’accouchement que l’on peut entendre autour de soi ?

Nous sommes donc déjà prédisposé.e.s à penser qu’un accouchement ne peut que se passer dans d’atroces douleurs. Or, nous n’avons pas les mêmes outils, pratiques et suivis qu’auparavant. Et heureusement ! Les risques de complications sont donc bien plus faibles.

Des techniques existent pour diminuer la douleur. Et je ne parle pas que de la péridurale ! Certaines pratiques modérant les douleurs et de faciliter le travail se démocratisent :

– accouchement dans l’eau ou simple accès à une baignoire
– accouchement sous hypnose
– accouchement avec acupuncture
– accouchement avec gaz hilarant.

Il en existe sans doute d’autres, n’hésitez pas à contacter le lieu où vous allez accoucher pour voir ce qui peut être proposé.

Et le jour J, vous pourrez bien évidemment compter sur l’équipe médicale formée à toutes les éventualités. 

Autres idées reçues : que faire ?

Il existe d’autres préjugés, mais c’est difficile de toutes les énumérer.  Mais pour n’en citer que deux :
Oui, c’est possible de faire caca. Pas de honte à avoir si ça vous arrive ! C’est très fréquent et, en général, on ne s’en rend même pas compte.
Non, les épisiotomies ne sont pas systématiques et ne sont pas forcément synonymes de boucherie !

Déconstruire les « croyances » que vous pouvez avoir peut véritablement vous aider à vous apaiser. Quoi qu’il en soit, parlez de ce que vous avez pu lire ou entendre sur l’accouchement (déroulement, risques, actes médicaux, etc.) à des professionnels de santé : sage-femme, médecin, gynécologue ou toute autre personne susceptible de vous apporter des réponses fiables. N’ayez pas peur de poser toutes les questions qui peuvent vous passer par la tête ! Ils ne sont pas là pour se moquer, mais pour vous aider à dédramatiser.

Peur d’accoucher : très souvent une origine « psychologique »

Voici quatre origines psychologiques potentielles à la peur d’accoucher : 

– Si vous êtes de nature anxieuse, stressée, si vous avez un fort besoin de contrôler les choses, votre « santé mentale », en amont de votre grossesse vous prédispose aux craintes.

– Si vous avez vécu un traumatisme dans votre parcours tel qu’une fausse-couche, un précédent accouchement traumatique ou alors que votre grossesse actuelle est considérée comme « à risque », il est parfaitement compréhensible que vous ayez peur d’accoucher.

– Ces angoisses peuvent également trouver leur origine dans d’autres traumatismes tels que des abus sexuels ou des violences gynécologiques par le passé. L’idée que certaines de nos parties génitales puissent être touchées et examinées par d’autres personnes que soi (ici, médecins, sage-femme, etc.) peut rendre l’accouchement difficile à supporter dans ces cas-là.

– Si vous avez des souffrances ou des traumatismes non résolus liés à votre enfance ou tout simplement que si vous manquez de confiance en vous, cela aussi peut avoir un impact négatif et vous faire appréhender l’accouchement.

Même sans connaître les potentielles origines psychologiques de vos craintes, il est important de vous faire accompagner par un professionnel à partir du moment où ces craintes, sur vous, ont un impact négatif.

Comment surmonter sa peur d’accoucher ?

J’ai peur d’accoucher, je l’admets et j’en parle !

La première des choses à faire est sûrement d’ADMETTRE ET D’ACCEPTER d’avoir peur ! Comment pouvoir vaincre ses angoisses si on n’en prend pas conscience ? Ensuite, et c’est primordial, ON EN PARLE ! À qui ? À toute personne pouvant vous aider et vous accompagner :

à son ou sa partenaire, ami.e.s, famille, entourage… En prenant bien soin de confier vos craintes à une personne bienveillante qui ne vous mettra pas davantage d’idées noires en tête ! J’y reviendrai.

– à des personnes extérieures à votre entourage. Dans un groupe de soutien, vous pouvez exposer votre expérience, la confronter à d’autres et acquérir de nouvelles connaissances et recommandations sur le bon déroulement de l’accouchement.

– à des professionnel.le.s du domaine médical et paramédical qui sont formé.e.s pour ça : sage-femme, médecin, gynécologue, psychologue, doula, sophrologue, relaxologue, hypnothérapeute… La liste est longue et certaines professions sont complémentaires dans l’accompagnement ! Ils/elles vont pouvoir vous écouter et vous apporter des conseils et solutions en fonction de leur champ de compétences.

Écouter ou lire des témoignages : une fausse bonne idée ?

Ce n’est pas parce que quelqu’un de votre entourage est en mesure de vous parler de son accouchement ou de celui de quelqu’un d’autre, qu’il doit le faire. Vous avez parfaitement le droit de dire « non » ou « stop » si cela vous rend nerveux.

Même chose, si lire ou écouter des témoignages par vous-même engendre des angoisses, je vous conseille également d’arrêter.

Cependant, cette démarche peut aussi avoir un impact positif sur votre manière d’appréhender la naissance. De nombreux récits narrent des accouchements où tout se déroule parfaitement bien ! Ça a d’ailleurs été le cas pour le mien !

Par ailleurs, si je devais vous recommander un livre regroupant des témoignages d’accouchement, ce serait celui-ci : « 10 Femmes Extraordinaires », par Sarah Margerie. Ce livre partage 10 récits tous différents mais authentiques. Il est superbement rédigé. On plonge dans l’histoire à chaque témoignage et impossible de décrocher avant le dénouement final : la naissance tant attendue de bébé ! Vous pouvez le trouver ici.

Une bonne préparation

Préparation à la naissance

Suivre des cours de préparation à la naissance permet de démystifier l’accouchement. Ces cours sont donnés par une sage-femme qui sait donc de quoi elle parle !
On ne parle pas que d’accouchement durant ces cours. On y aborde tout aussi bien la grossesse, des questions pratiques, les différentes étapes du travail, les différentes anesthésies, le retour à la maison, etc. Toutes les formes d’accouchement sont traitées ! C’est l’occasion d’apprendre des exercices pour mieux gérer les contractions.
En outre, même si on doit avoir une césarienne ou si on souhaite avoir recours à la péridurale (ce qui peut finalement ne pas être possible), des contractions seront à gérer.
Connaître toutes les situations possibles favorise ainsi un lâcher-prise.

Parfois, la préparation classique à la naissance ne suffit pas et il peut être intéressant de se tourner vers des préparations à la naissance alternatives : chant prénatal, haptonomie, yoga, sophrologie, hypnose… Ces préparations mettent notamment l’accent sur des exercices et techniques de relaxation/respiration et pleine conscience, très utiles lors de crise d’angoisse et pour le jour J.

Le projet de naissance

Le projet de naissance est un document rédigé par la mère ou le couple qui s’adresse à toutes personnes susceptibles d’intervenir lors de la naissance et dans les jours qui suivent. C’est un très bon moyen d’apaiser ses doutes et ses craintes. En effet, pour pouvoir le rédiger consciencieusement, il est important de connaître les différents actes possibles lors d’un accouchement et de l’arrivée de bébé. C’est également un magnifique moyen de faire des choix à deux en incluant l’autre parent dans la démarche.

Pour vous aider dans sa rédaction, vous pouvez échanger voire le co-écrire avec votre sage-femme ou doula. Celles-ci vous indiqueront et vous conseilleront sur ce qu’il est possible d’y mettre. Vous pouvez également vous informer à travers la lecture ou lors d’échanges avec d’autres parents.

C’est également un excellent outil pour ouvrir le dialogue avec l’équipe médicale qui vous accompagnera lors de votre accouchement. En règle générale, l’équipe fera en sorte de respecter vos souhaits, à la condition qu’ils ne présentent aucun danger. Cependant, je tiens à préciser qu’il est important d’avoir conscience que votre accouchement peut ne pas se passer comme « prévu », d’où l’importance d’une bonne préparation.

Formez votre « équipe » pour le jour J

Le partenaire

Savoir que vous ne serez pas seule lors du travail peut également vous aider à être plus sereine. Votre partenaire peut être : le père, le co-parent, votre mère, votre belle-mère, un ami, votre sœur… c’est-à-dire toute personne en qui vous avez confiance !
Votre soutien pourra : vous masser pour soulager vos douleurs, favoriser votre confort, vous offrir un environnement serein, être votre relais face à l’équipe médicale, vous rappeler des techniques de relaxation, vous encourager, vous motiver et trouver des mots positifs pour vous donner totalement confiance en vos capacités !

La sage-femme

Vous formerez aussi une belle équipe avec la sage-femme présente le jour de votre accouchement ! En plus de ses compétences médicales, elle joue un vrai rôle de soutien physique et émotionnel. En plus des soins et examens, elle pourra vous prodiguer de précieux conseils.

La seule chose qu’il faut avoir en tête, c’est que votre sage-femme ne pourra pas toujours être présente avec vous tout du long du travail. Les sages-femmes peuvent avoir à gérer 3 voire 4 femmes en travail en même temps, mais sachez qu’elles feront toujours le maximum pour vous accompagner au mieux. D’ailleurs, depuis le 11 novembre 2020, une pétition a été lancée par Anna Roy, sage-femme, pour qu’il y ait une femme, une sage-femme. Lien de la pétition ici que je vous encourage à signer.

La doula

Vous pouvez également vous tourner vers une Doula. Une doula est une accompagnante à la naissance. Elle ne remplace évidemment pas la sage-femme ou médecin car n’a en aucun cas un rôle médical ou thérapeutique. Son rôle est de transmettre son expérience, de conseiller, de rassurer et d’écouter les futurs parents. Elle peut intervenir avant même la conception, pendant la grossesse, l’accouchement et la période post-natale. Pendant l’accouchement, elle sera là pour vous encourager, soulager vos douleurs, vous aiguiller et aiguiller votre partenaire en restant à vos côtés tout du long.

Prendre conscience de ce que votre corps est capable de faire

Il n’est jamais trop tard pour prendre pleinement conscience de ce que votre corps est capable de faire ! Nous savons accoucher. C’est ancré en nous ! Notre instinct est décuplé.

Pour en prendre conscience, vous pouvez vous tourner vers des exercices de relaxation, de respiration, de méditation, d’hypnose, d’auto massage ou encore vous répéter des mantras et affirmations positives telles que « je suis capable d’accoucher » ou « chaque contraction me rapproche de mon bébé ». Ces exercices peuvent vous être enseignés par des professionnel.le.s en séance individuelle ou collective ou encore lors de cours de préparation à la naissance spécifique.

Plus tôt vous vous mettrez à intégrer dans votre routine des exercices de ce type, plus vite votre confiance en vous et vos capacités se renforceront !

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